Quelle beauté à lire. Le magazine littéraire, petit bijou, offert pour le début de ma deuxième décennie, est probablement l'un des meilleurs cadeaux que j'ai eu. Peu enclin à la lecture,
malgré mon amour pour elle, ma paresse l'emporte souvent, j'ai quand même jeté un coup d'oeil et suis tombé sur un article qui donne l'impression de n'être pas le seul à m'énerver contre
l'éducation littéraire actuelle.
Car quand on étudie les éléments de poétiques, on arrive à des inepties telles que, pour citer la plus terrifiante que j'ai pu entendre de la bouche de ma professeur de cette sous partie de la
linguistique; le hiatus est interdit en poésie française. Les poètes apprécieront, d'autant plus que je n'ai pas encore trouvé de poètes qui ait respecté ce postulat. Mais peut-être regardès-je
trop les poètes reconnus.
C'est quand même relativement pitoyable de voir qu'une professeur d'un cours ose étudier le temps, en centième de seconde, de prononciation d'une syllabe pour nous montrer où l'on doit accentuer,
puis, nous expliquer doctement, que la linguistique; pour son cours en tout cas; est
la science de la poésie.
Si
Leo Ferré vivait encore, il y aurait eu un
meurtre à l'université nancy2.
Les études, moi, en tant qu'étudiant, je les vois comme l'héritage de ce que vous, adultes, avez à nous offrir, et je les prend donc comme ce que le monde m'offre, ce que les générations ont amené.
Comment réagir alors quand on réduit la littérature à des équations et qu'on a l'impression qu'aucune voie ne s'élève contre pareille insanitée ?
Il est vrai que c'est dans l'ère du temps de tout renvoyer à la science, cela est tellement plus simple. Jusqu'au destin qui, pour certains, est tracés, et que l'on pourrait étudier
mathématiquement. Mieux que les lignes de la main, les équations à la craie.
Je parlais donc du magazine littéraire et de son édition de février, édition consacrée à Aristote; le désirs des savoirs.
Page 12, un titre appela mon regard: "Comment enseigner la littérature". J'avais peur. Il était probable que je le jette au feu s'il allait dans le sens des litanies que l'on me ressasse 1 heure
par semaine, et 2heure pour des études de la phrase complexe, qui sont peut-être plus intéressantes par certains côtés, mais profondément agaçantes si la professeur avait pris au sérieux son
travail. heureusement, ce n'est pas vraiment le cas, ou en tout cas elle ne le montre pas. Elle semble savoir que ça n'est pas la science qui révolutionnera la littérature, et que ce n'est qu'une
étude parmi d'autres, qui peut, pour l'étude de la phrase complexe, pas l'élément de poétique, sinon être utile, du moins plaisant.
Ce qui est heureux, c'est que dans ce magazine, au contraire, c'était ce que je pensais. Qu'un écrivain serait perdu devant l'étude de ses textes, et même de textes basique. Que tout avait perdu
toute substance et qu'on en arrive plus à étudier les outils pour étudier un texte qu'à s'intéresser à ce qu'ils peuvent apporter à l'élève.
Bref, on retombe dans la destruction de la littérature, mais pas en l'interdisant; juste en lui ôtant toute substance. Et ça marche. On lit moins, on étudie peu, on oublie beaucoup.
Bref, un vrai petit bout de fraicheur qui fait plaisir à voir.